C o l l o q u e e t c o n c e r t s
Le Serpent sans Sornettes
Itinéraires passés et présents d’un instrument de musique
méconnu
Jeudi 6 et vendredi 7 octobre 2011
Réservation obligatoire :
colloque : histoire-ma@invalides.org (Tél. : 33 (0)1 44 42 51 73 (répondeur))
concerts : culture-ma@invalides.org (Tél. : 33 (0)1 44 42 35 07)
.
La politique culturelle du musée de l’Armée a pour
vocation de faire découvrir des aspects moins connus de ses collections aux chercheurs, mais aussi au public. Dans cette optique, le musée de l’Armée organise, en partenariat avec l’Institut de
recherche
sur le patrimoine musical en France (CNRS/BnF/
ministère de la Culture), un événement tout à fait original, associant colloque et concerts qui se complètent et s’illustrent mutuellement, les 6 et 7 octobre 2011.
L’objet de ces manifestations est un instrument de
musique intriguant : le serpent.
Le serpent – aérophone à embouchure, le plus souvent en
bois recouvert de cuir, en forme de serpent – est un instrument mal connu, pour lequel il existe actuellement un regain d’intérêt, tant du côté des musiciens (qui le rejouent et
l’enseignent),
que des chercheurs, musicologues et historiens, qui le
croisent au cours de leurs investigations sur les répertoires ou dans les archives. Malgré ses origines obscures – situées vers l’extrême fin du XVIe siècle –, il fut pourtant très présent dans
les musiques depuis le XVIIe siècle jusqu’au milieu du XIXe siècle.
Bien que sa présence soit peu perceptible dans les
partitions musicales, une étude attentive montre qu’il fut soutien du plain-chant, accompagnement de la musique d’Église, mais aussi instrument de musique de chambre (chez Haydn notamment),
instrument employé dans la symphonie (par ex. chez Berlioz), dans l’orchestre d’opéra et enfin, instrument militaire.
Il s’agit donc de faire un point sur cette diversité
d’utilisations, sur ses origines, sur son iconographie, autant d’approches qui seront complétées par des études sur les particularités acoustiques et organologiques de
l’instrument.
Au programme
Jeudi 6 octobre 9h15-18h00, auditorium Austerlitz du musée de
l’Armée
8h30, accueil des
intervenants
8h45, accueil du public
9h00, introduction des journées par le général
Christian Baptiste, directeur du musée de l’Armée, Florence Gétreau,
du CNRS, directrice de l’Institut de Recherche sur le Patrimoine Musical en France,
puis par Cécile Davy-Rigaux, du
CNRS, Institut de Recherche sur le Patrimoine Musical en France, et Volny Hostiou,
professeur au conservatoire de
Rouen et serpentiste.
Carrières, répertoires
d’Église
Les travaux sur les musiciens d’Église recensés en 1790 menés au sein du CHEC
à
Clermont-Ferrand, ont permis de faire apparaître de nombreux serpentistes et de
reconstituer
leurs carrières, parfois partagées entre l’église, l’armée et le théâtre.
Ces
travaux font aussi ressortir l’omniprésence du serpent dans les offices liturgiques,
où
il soutient les voix qui chantent le plain-chant, et dans la musique polyphonique
des
grandes occasions où la question de son emploi auprès des autres instruments
de
basse reste à préciser.
Présidence de séance : Florence Gétreau
9h30 Serpentiste d’église : une profession au XVIIIe siècle
Bernard DOMPNIER, Isabelle LANGLOIS et Bastien MAILHOT, Centre
d’Histoire
« Espaces & Cultures », Université Blaise-Pascal,
Clermont-Ferrand
10h00 Les usages du serpent dans le cadre du cérémonial du chant
Cécile DAVY-RIGAUX, Institut de Recherche sur le Patrimoine Musical en France,
Paris
10h30 Pause
10h50 Les instruments de basse et leur emploi dans la musique d’Église sous l’Ancien
Régime
Volny HOSTIOU, Conservatoire à Rayonnement Régional de Rouen
11h10 Le serpent en situation à l’Église : expérimentations acoustiques
Thierry GEROUX, « L’Atelier d’Euterpe », Le Chesnay
11h30 Le serpent dans le motet polyphonique français aux XVIIe & XVIIIe siècles : une
simple affaire de couleur sonore ?
Jean DURON, Centre de Musique Baroque de Versailles
11h50-12h15 Discussion
12h30 Pause déjeuner
14h30 Serpent et improvisation :
démonstrations commentées par Jean-Yves Haymoz, conservatoire de Genève,
avec la participation de Volny Hostiou et Thomas Van Essen
L’improvisation sur le chant grégorien, très répandue dans l’Église durant l’Ancien
Régime, est maintenant très peu pratiquée.
Une improvisation à voix et serpent, réalisée par des musiciens particulièrement
rompus à ces pratiques et animés par une
réflexion sous-jacente, sera décryptée et commentée.
15h15-15h30 Discussion
Enseignement et devenir du serpent au XIXe siècle
On voit paraître dès le XVIIIe siècle des méthodes de serpent. Peu après la Révolution, une classe de serpent est ouverte au sein du
nouveau Conservatoire, mais périclite assez vite
tandis que l’emploi du serpent se voit remis en cause au cours du XIXe siècle.
Présidence de séance : Hervé Audéon
15h30 La classe de serpent au Conservatoire de Paris de 1795 à sa fermeture
Frédéric DE LA GRANVILLE, Université de Reims Champagne-Ardenne, Centre d’Études et
de Recherche en histoire culturelle
16h00 La pédagogie du serpent et ses « répertoires » : les méthodes
Benny SLUCHIN, Ensemble Intercontemporain, Paris
16h30-17h00 Discussion et
pause
17h00 La remise en cause du serpent dans la France du XIXe siècle
Christian ARHENS, Ruhr-Universität, Bochum
17h30-18h00 Discussion
Jeudi 6 octobre 19h00-20h30, cathédrale Saint-Louis des Invalides -
CONCERT
L’Aigle et le Serpent, un mariage
sacré
Ensemble Vox Cantoris, Dir. Jean-Christophe Candau & Ensemble
Les Meslanges, Dir. Thomas Van Essen, Volny
Hostiou,
serpent, Michel Nègre, serpent, François Ménissier, orgue.
Les emplois ordinaires du serpent à l’Église, XVIIe-XIXe siècles
Musiques, plains-chants et faux-bourdons avec serpent :
OEuvres de Guédron, Bournonville, Du Mont, Lalouette, Corette, Hardy, La
Feillée.
Vendredi 7 octobre 9h15-11h30, auditorium Austerlitz du musée de
l’Armée
9h00, accueil des
intervenants
9h15, accueil du public
Iconographie, facture et
organologie
Sa forme particulière et mouvante, sa taille imposante, sa sonorité grave et
douce,
son étonnante souplesse sur le plan de la justesse, font de cet instrument paradoxal
au nom
évocateur une curiosité acoustique et une source d’inspiration pour l’iconographie.
Ses qualités
acoustiques le rendent particulièrement apte à s’adapter à des usages multiples, ce
qui
ressort de la variété des répertoires dans lesquels figure le serpent, sous des
apparences
elles-mêmes changeantes. Ces approches permettront notamment de mesurer la
dimension
tant concrète qu’imaginaire de cet instrument à la fois étrange et
familier.
Présidence de séance : Volny Hostiou
9h30 Le serpent dans les sources visuelles françaises : caractéristiques, usages,
symbolismes
Florence GETREAU, Institut de Recherche sur le Patrimoine Musical en France,
Paris
10h00 La réalisation du fac-similé d’un serpent des collections du Musée de la
musique.
Histoire du projet, bilan et perspectives
Stéphane BERGER, facteur, L’Atelier du cuir, Suisse ; Michel GODARD, Conservatoire
national
supérieur de musique et de danse de Paris ; Thierry MANIGUET, Musée de la Musique,
Paris
10h30 Serpent Shapes: An Overview of Serpent Designs in Italy, France, England and
Germany
Sabine K. KLAUS, Joe R. and Joella F. Utley Curator of Brass Instruments at the
National Music Museum, University of
South Dakota
11h00 Le passage du serpent courbe au serpent droit : présentations d’exemplaires
originaux
Bruno KAMPMANN, Paris
11h30-11h45 Discussion
Vendredi 7 octobre 12h00-13h00,
Salle Turenne du musée de l’Armée -
CONCERT
Le chant du serpent
Michel Godard, serpent ; Linda Bsiri, voix et trompette marine.
L’un souffle, l’autre pas. Elle chante. Et si le serpent n’est pas l’instrument que
l’on croit, la trompette marine non plus. Alors
le duo Michel Godard/Linda Bsiri est-il vraiment un duo ? Oui, à plusieurs voix. Voix
d’hier et d’aujourd’hui se mêlant au
temps qui se démesure, temps de jazz, temps d’improvisations, temps de créations, de
musiques oubliées.
Le texte à fleur de jeu : jeux de cuir, de cordes et de voix.
Virtuoses, Linda Bsiri et Michel Godard jouent
« Écoute le vent »
13h00 Pause déjeuner
14h30-18h00, auditorium Austerlitz du musée de
l’Armée
Répertoires militaires, symphoniques,
d’opéras
Largement utilisé dans les musiques militaires, mais selon des modalités variables
selon
les lieux et les temps qu’il conviendra de signaler, le serpent est aussi employé
dans des
cadres plus inattendus comme la symphonie et l’opéra.
Présidence de séance : Christian Ahrens
14h30 Le serpent dans les règlements des musiques militaires en France
Jean-Marie HAUSSADIS, musée de l’Armée, Paris
15h00 Quires and Bands: The Serpent in England
Douglas YEO, Boston Symphony Orchestra
15h30-16h00 Discussion et
pause
16h00 Le serpent dans l’orchestre
Hervé AUDEON, Institut de Recherche sur le Patrimoine Musical en
France, Paris
16h30 Le serpent en Italie, époque de Rossini
Renato MEUCCI, consultant au Museo Strumentale dell’Accademia
Nazionale
di Santa Cecilia de Rome et au Museo degli strumenti musicali
del Castello Sforzesco de Milan
17h00-17h15 Discussion
17h15-18h00, conclusions du colloque et table ronde
: Quel avenir pour le serpent
?
actualité de l’enseignement, interprétation et création
musicale
Avec Michel Godard, Douglas Yeo, Volny Hostiou, Jeremie
Papasergio...
Vendredi 7 octobre 19h00-20h30,
Salle Turenne du musée de l’Armée -
CONCERT
Des salons aux champs de batailles, une vie (de
serpent)
Musiques de chambre,
musiques militaires pour serpent, XVIIIe-XXIe siècles
1- Ensemble à vent du CRR de Rouen dirigé par Douglas Yeo :
Divertimenti et marches militaires, Haydn, répertoire
anglais...
2- Ensemble Le Balcon (dir. Maxime Pascal) et Patrick Wibart (serpent)
:
« Al Aacha » avec serpent solo, de Benjamin
Attahir.
Réservation obligatoire :
colloque : histoire-ma@invalides.org (Tél. : 33 (0)1 44 42 51 73 (répondeur))
concerts : culture-ma@invalides.org (Tél. : 33 (0)1 44 42 35 07)